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LA QUESTION SYNDICALE AUJOURD’HUI EN ALGÉRIE - COMPTE-RENDU DE LA RÉUNION DÉBAT DU 26 AVRIL 2014

samedi 10 mai 2014

Compte-rendu de la rencontre-débat du 26 avril 2014
organisée par le Rassemblement de gauche – R(d)G –
sur la question syndicale aujourd’hui en Algérie

Sommaire

Interventions :

Débat.


Interventions

1. Zineb Belhamel du CLA

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2. Traduction en français de l’intervention de Zineb Belhamel

Les syndicats autonomes en Algérie

Naissance des syndicats autonomes

Les syndicats autonomes sont apparus dans les années 90 suite à l’ouverture démocratique (bien que limitée) afin de défendre les intérêts des fonctionnaires : mission dont s’est départie l’UGTA en 1963 suite à son allégeance au pouvoir.

Mais la défense des intérêts des travailleurs n’a pas été une tâche facile. La lutte syndicale a été encore plus difficile notamment suite à l’instauration de l’état d’urgence en 1992 et aux mesures induites par cet état d’urgence. La lutte syndicale a été très ardue pour les vrais syndicalistes.

Les années 2000 ont été marquées, en plus de l’activité syndicale, par une résistance face aux tentatives répétées de déstabiliser les syndicats autonomes ; différentes méthodes pour la mainmise sur ces syndicats ont été utilisées allant jusqu’à la corruption de certains leaders.

Le pouvoir a toléré l’existence des syndicats indépendants, mais a refusé de reconnaître beaucoup d’entre eux tant que ceux-ci n’ont pas prêté allégeance.

Le pouvoir a utilisé plusieurs formes de répression : recours à la police, aux tribunaux quand le recours au harcèlement administratif, la manipulation de l’opinion publique à travers certains journaux à la solde du pouvoir a échoué.

Le but de cette politique répressive contre les syndicats autonomes est la dispersion des rangs afin d’éliminer toute forme de lutte à même de faire aboutir les revendications des travailleurs, le maintien du pouvoir politique dictatorial, dépendant des protestations et de l’asservissement de tous ceux qui tentent de se positionner en négociateurs responsables.

Cette politique répressive est la préoccupation essentielle du pouvoir depuis la période relative d’ouverture démocratique entre novembre 1988 et juin 1991. Ce pouvoir dictatorial se cache derrière la constitution faite sur mesure pour son image par rapport à l’étranger, alors que ce pouvoir ne respecte ni la constitution, ni les lois de la république, ni les conventions internationales.

Les syndicats autonomes face à cette répression n’ont recours ni à la justice, ni au parlement, ni a la présidence vu leur inefficacité et leur peu de crédibilité. Le pouvoir réel étant en fait aux mains d’un groupe qui fort d’élections truquées fait le jeu des occidentaux, qui vu l’enjeu pétrolier ferment les yeux sur l’existence d’une politique répressive, politique mise en branle à chaque moment et en tout lieu contre les syndicalistes et les travailleurs qui revendiquent la justice sociale et la fin de l’hégémonie des multinationales qui dilapident les richesse nationales ; laquelle dilapidation est à l’origine de la baisse du pouvoir d’achat et de la détérioration des conditions sociales de larges couches de la population d’où la prolifération de maux sociaux et des émeutes qui freinent l’évolution du pays.

Résistance des syndicats autonomes face à la répression

Aujourd’hui les syndicats autonomes luttent avec la société civile, les associations et les partis politiques et la presse indépendante pour une Algérie démocratique et prospère.

Les différents mouvement de protestation dans le secteur de la fonction publique ont montré la capacité des syndicats à mobiliser et à affronter la politique de terreur utilisée contre la classe travailleuse, et ce malgré toutes les formes de répression, suspension mise en demeure, gel de la carrière professionnelle, harcèlement de la part de l’administration, instrumentalisation de la justice.

En plus de cet arsenal, le pouvoir a recours au « clonage » des syndicats afin de créer la confusion et la scission et mettre ainsi un frein à la stratégie d’organisation et à l’indépendance du fonctionnement de ces syndicats. Ce « clonage » a permis la création de syndicats fantoches prêts à l’allégeance et à l’abandon des revendications des travailleurs.

Ce clonage a eu lieu en 2003 pour le CLA.
Pour le SNAPAP en 2004.
Pour le SATEF, Syndicat autonomes des travailleurs de l’éducation et de la formation, représenté par Mohamed Salem Saadali alors que le clone est représenté par Amoura.
De même le CNES dont beaucoup de sections ont été marginalisées après que Rahmani se soit accaparé la présidence de ce syndicat.
Ainsi que le SNTE (Syndicat national des travailleurs de l’éducation) dont le secrétaire général légitime était Mohamed Benoui, et Boudjenah celui du « clone ».

Le fait est que tous ces syndicats fantoches ont bénéficié dès leur création de l’appui du ministère du Travail, censé être le garant du respect du droit syndical.

Dans ce contexte difficile, les syndicats autonomes ont mesuré la nécessité de la solidarité afin de contrecarrer les manœuvres du pouvoir, et la nécessité de la coordination syndicale. Ainsi fut créée l’IAFP (intersyndicale de la fonction publique) et l’intersyndicale de l’éducation regroupant plusieurs syndicats autonomes et dernièrement la confédération des syndicats autonomes regroupant les syndicats autonomes de la fonction publique et 12 syndicats autonomes du secteur économique.

Confédération générale autonome des travailleurs en Algérie

  1. Syndicat national autonome de la Banque de l’Agriculture et du développement rural (SNABADR).
  2. Syndicat régional autonome des travailleurs de la Construction du Bois et des dérivés (SRATCBD).
  3. Syndicat national autonome des travailleurs du Jardin d’Essai d’El Hamma.
  4. Syndicat national autonome des travailleurs du nettoiement et de l’assainissement (SNATNA).
  5. Syndicat national autonome des travailleurs de la Fabrication et de la Transformation du Papier et de l’emballage.
  6. Syndicat national autonome des travailleurs du Tabac.
  7. Syndicat national autonome des travailleurs des Parcs Zoologiques pour les Loisirs et la Culture.
  8. Syndicat national autonome des travailleurs d’EUREST Algérie.
  9. Syndicat national autonome des travailleurs des Transports.
  10. Syndicat national autonome du Groupe Sonatrach.
  11. Syndicat national autonome des travailleurs d’ArcelorMittal.
  12. Syndicat national autonome des travailleurs des Mutuelles algériennes.

Perspectives

L’ensemble des syndicats autonomes étant corporatistes (plusieurs syndicats dans le secteur de l’éducation et de la santé), la construction d’un rapport de force réel est difficile.

C’est pour cela que les syndicalistes appellent à la création d’un front social fort qui rassemble plusieurs syndicats pour unifier les rangs autour d’une plate-forme de revendications essentielles comme la révision du statut général de la fonction publique, l’augmentation du point indiciaire, la suppression des contrats pré-emploi, la retraite a 100% et les libertés syndicales.

La vigilance est de mise pour préserver les acquis arrachés par les luttes de plusieurs générations de travailleurs et la lutte est la seule issue pour en arracher d’autres et réaliser les espoirs des travailleurs

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3. Intervention de Djamel Rouani du Snapest

Expériences sociales et syndicales dans la situation actuelle

Même si le premier syndicat autonome, l’UNPEM, a vu le jour en 1991, l’année 2003 marque la naissance véritable du mouvement syndical autonome. Dix années nous semblent insuffisantes pour tirer un réel bilan des syndicats autonomes. De même faut-il éviter de porter des jugements définitifs. C’est ainsi que l’UGTA n’est pas un syndicat homogène. Il existe en son sein des travailleurs et des militants combatifs et formés. D’ailleurs, nombre de syndicats autonomes ont été créés par d’anciens membres de l’UGTA qui ont apporté leur combativité, leur savoir-faire et leur formation.

Au niveau de notre syndicat, le SNAPEST, nous luttons inlassablement pour la préservation des acquis des travailleurs et l’amélioration de leurs conditions socioprofessionnelles en revendiquant la permanisation du corps de l’éducation avec des moyens adéquats à leur noble mission.

Nous appelons à la défense d’une école publique de qualité, à son amélioration pour un enseignement moderne et sa promotion aux exigences du 21 siècle.

Le terrain de nos revendications ne nous a jamais fait oublier notre devoir envers l’éducation et les sacrifices pour un enseignement de qualité. Les reformes du système scolaire entamées il y’a quelques années ont été appliquées par le corps enseignant malgré le manque de moyens et de formation. Dans cette précipitation des pouvoirs publics, nous avons accompli notre mission et nous avons fait des suggestions à travers les comités pédagogiques.

Le SNAPEST a ouvert des ateliers sur la violence scolaire, la déperdition scolaire. Notre syndicat a toujours fait des propositions dans ces domaines et demande l’amélioration du niveau de l’encadrement pédagogique par des formations aux « NTIC » et d’autres per